Le corbeau à quatre pattes

Mélodrame pour comédiens et ensemble instrumental

sur des textes de Daniil Harms

 

Le Corbeau à quatre pattes est une farce mélodramatique, c’est-à-dire une pièce musicale avec voix parlées, sur une musique du compositeur tchèque Kryštof Mařatka et des textes comiques et subversifs de Daniil Harms (1905-1942), poète russe, maître de la forme courte et observateur effaré de la réalité monstrueuse qui l’entoure. Toute l’étendue du talent de Mařatka est mise à contribution pour faire du théâtre sur une scène de concert.

La formation instrumentale originale (alto, contrebasse hautbois, clarinette, cor, accordéon, piano et percussions) illustre des miniatures souvent drôles et grotesques, toujours cruelles et tragiques. Commande du Festival Présences de Radio France, elle est créée en 2007 par l’Ensemble Calliopée sous la direction musicale du compositeur.

L’œuvre de Daniil Harms méritait une adaptation musicale qui souligne et enrichisse la verve si singulière de son auteur méconnu. L’ œuvre de Mařatka est composée d’un enchaînement de brèves histoires, saccadées, drolatiques, étourdissantes, qui s’étendent dans un apparent désordre insensé.

Daniil Harms est tué par la répression stalinienne en pleine Seconde Guerre mondiale à 37 ans seulement. Kryštof Mařatka a quant à lui grandi dans la Tchéquie communiste. Ainsi les auteurs, confrontés tous deux à l’autorité communiste, dans des pays et des époques différents, offrent une farce née dans les interstices d’humour laissé, malgré lui, par le régime soviétique.

« L’ensemble instrumental comme les deux récitants, participent à l’action. Les pauses, entre les différentes parties de l’œuvre, sont scénarisées et contrôlées. Nulle échappatoire possible, la musique est composée pour les applaudissements finaux et le spectacle avait commencé dans la salle avant l’arrivée du public. Nous, les auditeurs-spectateurs, devenons des témoins de ce drame. Avec cette œuvre, nous sommes jetés immédiatement dans l’absurde, aux frontières du surréalisme. Et personne ne peut rester insensible. Nous sommes embarqués dans cette tragédie jusqu’à la fin. » – Rodolphe Bruneau-Boulmier

« C’est une grande partie de moi-même qui se trouve dans cette œuvre. J’ai fait une mosaïque de textes lus en français, en anglais, en russe et en tchèque. J’ai utilisé ses poèmes, ses notes, son journal, ses nouvelles. J’ai ensuite écrit la musique et travaillé à cette partition pendant un an après y avoir réfléchi pendant 17 ans ! » – Kryštof Mařatka.

« Les textes, d’un humour grinçant, d’une dérision amère, nous montrent une humanité cruelle et cynique, fruit de la « déshumanisation » qu’entraîne l’oppression totalitaire, et qui ne trouve refuge que dans l’absurde, ce qui s’inscrit parfaitement dans la grande tradition tchèque de Kafka ou du Brave Soldat Schweik » – Harry Halbreich.


Avec 
Kryštof Mařatka, compositeur
Alain Carré, comédien
Vincent Figuri, comédien

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