LA RÉSIDENCE ARTISTIQUE À LA FONDATION DES ÉTATS-UNIS

Avec le soutien de la Mairie de Paris

L’Ensemble Calliopée et la Fondation des États-Unis (FEU) partagent un intérêt commun pour la relation entre le patrimoine artistique et son contexte historique, en particulier, le début du XXe siècle, traversé par des bouleversements de tous ordres, et riche de nombreuses révolutions culturelles et artistiques. En effet, la FEU, construite en 1929, est l’une des premières résidences du campus créé par André Honnorat, Ministre de l’Instruction Publique après la Première Guerre mondiale, pour accueillir des étudiants étrangers, et favoriser ainsi les échanges culturels et surtout la promotion de la paix entre les peuples. Patrimoine parisien d’une grande valeur artistique et très dynamique culturellement, la FEU, avec son Grand Salon de style Art Déco, offre pour la musique un lieu idéal qui mérite d’être encore mieux connu. Ses fresques, peintes par le franco-américain Robert La Montagne Saint-Hubert, sont classées aux Monuments historiques.

Par ailleurs, l’Ensemble Calliopée a développé une expertise dans la valorisation des patrimoines culturels à travers des programmes musicaux mettant en lumière les liens entre l’Histoire et la Musique, comme par exemple la musique au temps de la Première Guerre mondiale dans le cadre de son partenariat avec le Musée de la Grande Guerre de Meaux, ou encore le nouveau projet de Centre culturel Wanda Landowska dans le Val d’Oise pour faire revivre l’Auditorium que la claveciniste avait fait construire en 1927 par l’architecte Jean-Charles Moreux pour devenir son Temple de la musique. L’Ensemble Calliopée élabore également dans cet esprit de transversalité des programmes musicaux en lien avec des expositions de grands musées nationaux, telles que Chagall, Dada Africa, Kandinsky/Monet, Degas Danse Dessin… mettant en lien les Arts, la Musique et l’Histoire.

L’Ensemble Calliopée et la Fondation des États-Unis ont donc décidé de s’associer pour mettre en valeur de manière originale le patrimoine commun, matériel et immatériel, né des échanges entre l’Europe et les États-Unis, en développant un ancrage territorial parisien permettant de fédérer un public parisien diversifié, et de sensibiliser de manière interactive et suivie le jeune public et les personnes hospitalisées. En ces années de Centenaire de la Grande Guerre, 2017 et 2018, qui voient à la fois l’arrivée des Américains en Europe puis l’armistice, sont des anniversaires porteurs d’une symbolique puissante de paix et de fraternité. C’est pourquoi il nous a semblé important de mettre l’accent sur la place des
États-Unis comme lieu d’accueil des exilés européens, et cette rencontre de l’altérité comme le creuset d’une variété de formes et d’esthétiques musicales.

Ce projet se réalise sous la forme d’une résidence de l’Ensemble Calliopée à la FEU, soutenue par la Ville de Paris, avec la création de programmes musicaux  conçus pour raconter l’« histoire » de différentes figures artistiques ayant émigré aux États-Unis, à travers leurs chefs-d’œuvre reflétant leur vie d’artistes meurtris dans leur âme, dans leur liberté, la douleur de l’exil et tout à la fois, l’espoir d’une vie nouvelle et leurs nouvelles rencontres créatrices.

Avec pour axe principal la volonté de transmission, cette résidence est l’occasion d’un travail de fond sur cette thématique, auprès d’un public large et diversifié, amateur ou en quête de découverte de la musique, scolaires, élèves, étudiants et notamment des étudiants résidents-musiciens de la FEU avec qui sont menés des projets et des collaborations.

Les programmes sont conçus et présentés au public par Karine Lethiec, altiste et directrice artistique de l’Ensemble Calliopée, et prennent des formes très variées avec une contextualisation historique des œuvres musicales dans le but de mieux comprendre et de s’approprier le répertoire musical interprété autant que l’histoire liée à leur création. Ils sont proposés dans le cadre des concerts dans le Grand Salon ou au sein d’actions culturelles et d’ateliers participatifs. À ce titre, l’Ensemble Calliopée et la FEU engagent des collaborations sur mesure avec des structures éducatives et du champ social (établissements scolaires, hôpitaux, instituts spécialisés…). Ces actions culturelles et pédagogiques au sein de la FEU et « hors les murs » ont vocation à tisser des liens privilégiés entre différents publics, les musiciens de l’Ensemble Calliopée et les jeunes résidents-musiciens de la Fondation, dans une démarche de démocratisation de la musique et de l’Histoire

CONCERTS 2017-2018
Les États-Unis, « Terre d’accueil » #1
jeudi 30 novembre 2017

Les États-Unis, « Terre d’accueil » #2
mardi 27 mars 2018

 

LES SÉANCES MUSICALES

Dans le cadre de sa résidence à la Fondation des États-Unis, l’Ensemble Calliopée propose des séances musicales conçues pour des publics scolaires ou des personnes hospitalisées.

Ces séances font intervenir Karine Lethiec, altiste et directrice artistique de l’Ensemble Calliopée, ayant une grande expérience pédagogique, autant comme conseillère aux études et professeur d’alto au conservatoire du 8e arrondissement de Paris, que comme intervenante pour des actions de sensibilisation qu’elle mène hors institutions d’enseignement artistique. Elle est accompagnée de jeunes musiciens talentueux : le violoniste Bilal Alnemr, étudiant de l’académie-festival de l’Ensemble Calliopée, l’altiste Jossalyn Jensen et la violoncelliste Sarah Ghandour, toutes deux résidentes à la Fondation des États-Unis et boursières Harriet Hale Woolley.

Ensemble, ils ont élaboré un programme musical « autour des cordes », passant du duo au trio et au quatuor dans des associations de timbres diverses, mettant en valeur les différentes tessitures des instruments. Ce programme a également la particularité d’être joué ensemble dans un esprit d’échange intergénérationnel et de professionnalisation des jeunes musiciens à travers le partage et l’expérience active. Il est construit avec de courts extraits d’œuvres « accessibles », européennes et américaines du XIXe au XXIe, témoignant des liens entre Europe et États-Unis.

Les « séances musicales » sont conçues par Karine Lethiec comme un récit, un « voyage » où les participants suivent l’histoire des œuvres interprétées grâce à une présentation adaptée du contexte historique et des destins des compositeurs. Cette sensibilisation au lien entre un créateur et son œuvre permet ainsi de se « rapprocher » du répertoire musical et de rappeler la force vitale de la musique malgré les contextes historiques les plus bouleversés. En parallèle, une présentation des instruments par chacun des musiciens vient mettre en valeur les caractéristiques des instruments : famille des cordes, leur histoire, leur fabrication, leurs timbres mais aussi les techniques de jeu.

Ces « séances musicales » sont également l’occasion d’un échange entre les musiciens et les participants qui peuvent poser de nombreuses questions en fin de séance. Vecteur puissant et accessible à tous, la musique a ce don de faire résonner la sensibilité de chacun, de faire naître des émotions, capables de mener à l’écoute et au réconfort, à la rencontre et au partage.

Programme musical

Antonín DVOŘÁK / Un Tchèque à New York
Terzetto pour violon et deux altos / Scherzo
Ernst Van DOHNÁNYI / Un Hongrois en Floride
Sérénade pour trio à cordes / Thème et variations
Béla BARTÓK / Un Hongrois à New York 
Duos pour deux altos
Pablo CASALS / Un Espagnol à Puerto-Rico
Le Chant des oiseaux (arrangement de David Walter pour violoncelle solo, violon et deux altos)
Andrew NORMAN / Un Américain à Rome (professeur à l’Université de Los Angeles)
Companion guide to Rome pour trio à cordes / extrait
Darius MILHAUD / Un Français en Californie 
Sonatine pour trio à cordes, opus 221b (1940) / Animé (III)
Rebecca CLARKE / Une Britannique à New York
Grotesque pour alto et violoncelle
James Reese EUROPE / Un Afro-américain de New York au front et du front au Carnegie Hall
The Castle Doggy Foxtrot (arrangement de David Walter pour trio à cordes)
Igor STRAVINSKY / Un Russe aux États-Unis
Tango pour quatuor à cordes