RITUEL(S)

 

 

RITUEL(S)
DUO ALTO ET PERCUSSION
Avec Karine Lethiec, alto & Thierry Miroglio, percussions

Ce Duo, formation unique et originale, est née de la rencontre entre deux artistes engagés pour la création d’aujourd’hui, qui inspirent de nombreux compositeurs et compositrices qui écrivent à leur attention des œuvres en solo et en duo.

Le programme Rituel(s) prend ancrage dans une résidence menée par l’Ensemble Calliopée au Musée de l’Homme  lors de la saison 2023-2024, qui proposait un voyage dans l’imaginaire aux origines de l’art, faisant résonner signes, traces et empreintes ancestrales, premier souffle de la création humaine avec le geste contemporain, invitant les compositeurs d’aujourd’hui à perpétuer cet émerveillement face au grand récit universel commun à l’humanité.

Le Duo propose ainsi de tisser des passerelles entre passé, présent et avenir pour continuer à irriguer la création artistique musicale, notamment le répertoire autour de l’alto et des percussions, auquel peuvent se joindre les arts visuels et numériques,    qui ouvre par sa spécificité et originalité de couleurs et de timbres, des chemins d’expérimentations innovants.

Sont ainsi nées notamment des œuvres de David Achenberg, Michel Petrossian, Daniel Teruggi et Olivier Calmel crées le 18 mai 2024 lors d’une grande soirée Nuit des musées au Musée de l’Homme, qui constitue le cœur du programme à la diffusion.

Des vidéos ont captées ces moments de création.

Le programme est couplé avec des solos pour les deux instruments, prenant source sur cette thématique et ce projet.

La durée et le contenu artistique sont adaptables et modulables, en regard des contextes des lieux d’accueils et de possibles directions thématiques.

Rituel(s), un  programme musical sous forme de voyage, passerelle entre tradition et modernité, ancré dans la diversité des cultures et la pluralité des représentations du Monde.

VOIR LE TEASER (1 min)

 

PROGRAMME MUSICAL

Olivier CALMEL, Shaman
pour alto et percussions (2024)
librement inspirée d’un chant de rituel chamanique amérindien 

Rodrigo CICCHELLI VELLOSO, Orichalque
pour vibraphone (2021)

Michel PETROSSIAN, Venus de Lespugue
pour alto (2024)
d’après une statuette en os de mammouth, -30.000 ans

David ACHENBERG, Perpendiculaire à la nuit
pour alto et percussions (2023)

Jiyoun CHOI, Métaphore VI (dans la nuit pluvieuse)
pour percussions et électronique (2023)

Xu YI, Rotations
pour alto et percussions (2018)

Pascale JAKUBOWSKI, Séfar
pour alto (2023)
Inspiré de l’oeuvre « Le grand Dieu de Sefar » Afrique du nord, Tassilo n’Adjer à Séfar

Daniel TERUGGI, Traces imaginaires
pour alto, percussions et dispositif électroacoustique (2024)

Kryštof MAŘATKA, Paléorythmes
Louange aux langues tambourinées pour ensemble d’objets sonores (2024)
Œuvre participative avec le public porteuse d’un message fédérateur de communication
grâce aux sons rythmés sur des matériaux naturels

 

Programme MODULABLE
avec répertoire alto solo,
Oeuvres dédiées à Karine Lethiec

Philippe HERSANT, Archaïos (2022)
Hommage à la Dame de Brassempouy -30 000 ans

Violeta CRUZ, Creuser-Secret (2023)
Inspiré de la gouache sur papier représentant des gravures de rhinocéros
– Afrique du nord,  Oued Djerat

Elise BERTRAND, Transes-51 (2023)
Inspiré de l’huile sur toile « Silhouettes de mains et de pieds» – Papouasie occidentale

Graciane FINZI, Les trois âges de la vie (2022)
Hommage au propulseur sculpté (-15 000 ans)

Phillippe SCHOELLER, Alliange d’Airain I (2022)
Hommage à l’âge du Bronze (-2 300/-800)

Kryštof MAŘATKA, Altotem – musique archaïque nocturne (2022)
Hommage au MAN, musée totem protecteur de notre histoire

 

avec répertoire percussions solo,
Oeuvres dédiées à Thierry Miroglio

Kaija SAARIAHO, Trois rivières Delta (2002)

Gérard GRISEY, Stèle (1995)

Betsy JOLAS, Études aperçues (1992)

Jean-Claude RISSET, Nature contre nature (2005)

Hugues DUFOURT, Nouvelle oeuvre

Ivan FEDELE, Metal east-journey (2016)

 

 

VOIR LES VIDÉOS DES CRÉATIONS

Captations des créations commandées par l’Ensemble Calliopée pour la Nuit des Musées du 18 mai 2024, dans le cadre de sa résidence au Musée de l’Homme
Réalisation : Andrew Gebrael, captation et montage / Aurélien Bourgois, audio

Karine Lethiec, alto
Thierry Miroglio, percussions

TÉLÉCHARGER LE DOSSIER DE DIFFUSION

NOTICES DES OEUVRES

David ACHENBERG, Perpendiculaire à la nuit pour alto et percussions (2023)
Commande de Karine Lethiec – Ensemble Calliopée

Comme s’il s’agissait de vestiges d’une très ancienne civilisation … de ruines d’un monde jadis flamboyant.

 

Olivier CALMEL, Shaman
pour alto et percussions librement inspirée d’un chant de rituel chamanique amérindien (2024)
Commande de Karine Lethiec – Ensemble Calliopée

Dans les profondeurs des forêts où les murmures des vents se mêlent aux secrets des étoiles résonne un chant ancestral, porteur de la sagesse des anciens et de la force de la nature. Inspirée par la transcendance d’un rituel chamanique amérindien, Shaman est une œuvre en quatre mouvements pour alto et percussions qui magnifie l’essence mystique et envoûtante d’une tradition millénaire.

Le premier mouvement, intitulé Invocation, commence par un motif d’alto solennel, évoquant les voix des chamans appelant les esprits de la terre et du ciel. Le vibraphone avec archet propose une enveloppe harmonique immatérielle. Tribalisation déploie une énergie rythmique avec des rythmes évoquant les battements du cœur de la Terre-Mère. Les instruments à peaux et les métaux engendrent une véritable célébration de l’énergie vitale. Dans le mouvement Incantation, l’alto déploie des modes de jeu (percussion, jeu vertical, slap, pizz, jetés, con legno…) et des mélodies tourbillonnantes qui, jointes aux percussions et au voix, symbolisent la danse des esprits dans les feux de la nuit. Ce chant récité par un chamane yachak chez les peuples Quechua d’Amazonie péruvienne pose l’énigme : « Est-ce l’esprit qui rôde ? » (supaychu). Les percussions intensifient le rythme, évoquant le battement des tambours sacrés et des pas frappant la terre dans un rituel extatique. L’œuvre culmine dans un crescendo hypnotique, libératoire et très énergique. Le final Elévation créé une atmosphère de mystère et de révérence, reprenant les thématiques de l’invocation en les sublimant par un système d’étirement rythmique, avant de disparaître doucement dans un silence bienfaiteur.

Shaman offre une expérience musicale immersive, invitant l’auditeur à plonger au cœur d’un univers mystique où le passé et le présent se rejoignent dans une communion spirituelle. À travers l’alliance envoûtante de l’alto et des percussions, cette œuvre célèbre la richesse et la diversité des traditions chamaniques amérindiennes, tout en les transposant dans un langage musical contemporain, vibrant d’émotion et de transcendance.

I – Invocation / Spirito
II – Tribalisation / Vivace et rythmé
III – Incantation / Vivace et rythmé
IV – Elévation / Vivace et rythmé, Modéré et quasi rubato

 

Rodrigo CICCHELLI VELLOSO, Orichalque pour vibraphone (2021)

Le titre de la pièce fait allusion à un métal mythologique, qui apparaît dans plusieurs textes de l’Antiquité à nos jours, souvent associé à la légendaire Atlantide. Qu’il s’agisse d’un élément unique ou d’un alliage métallique reste une question de spéculation. Pour Platon, ce métal mystérieux brillerait comme une explosion de feu. La pièce, pour vibraphone solo, instrument constitué de barres de métal, a été composée en 2021 et est dédiée à Thierry Miroglio. C’est la première pièce d’un cycle centré sur la percussion avec le sous-titre général «pour une poétique de l’intensité».

 

Jiyoun CHOI, Métaphore VI (dans la nuit pluvieuse) pour percussions et électronique (2023)

C’est la sixième pièce d’une série de “Métaphore” pour ensemble de percussion qui a été commencée par «Métaphore I (2001) pour percussion et orgue ». Comme le sens du titre « Métaphore », le développement de l’œuvre est structuré comme une histoire. Tout comme un narrateur dans une ancienne salle de cinéma raconte l’histoire en jouant seul le rôle de divers personnages et des effets sonores, ici, la percussion joue le rôle du narrateur. En particulier, cette sixième métaphore est une histoire d’une imagination dans la nuit pluvieuse et composée en pensant au récit des parents qui n’hésitent pas à utiliser des expressions faciales et des gestes exagérés à chaque instant pour susciter l’intérêt des enfants. « Métaphores VI » est dédiée à Thierry Miroglio.

 

Pascale JAKUBOWSKI, Séfar pour alto
Inspiré de l’oeuvre « Le grand Dieu de Sefar « – Afrique du nord, Tassilo n’Adjer à Séfar (2023)

Observer les relevés de peintures et de gravures pariétales proposées par le Musée de l’Homme cette année 2023-24 dans l’exposition Préhistomania au Trocadéro, me plonge dans un monde visuel fascinant par son aspect aussi familier qu’énigmatique. Subjuguée par l’abstraction de certains traits, par la sublimation plus que la stylisation des formes et des couleurs d’animaux, d’êtres humains, d’objets …transportée par des images symboliques dont le sens me résiste, je suis tout d’abord frappée par l’effroi et la nécessité incessante du mouvement, transcendé dans la danse, comme gage imaginaire de survie. Sur une portée, j’inscris ces élans progressifs, leur célérité inexorable qui projette l’altiste dans un tournoiement effréné. Dans l’abandon à l’énergie ainsi déployée, et par une chorégraphie digitale savante, singulière, elle maintient l’équilibre entre les sons pleins et les sons sifflés…
Je repense à cette fresque provenant du Sahara central, Le grand Dieu de Séfar, ancienne cité située au coeur du massif montagneux du Tassili. Le personnage central, rendu hybride par des cornes et des stries en guise de visage, des protubérances sur les bras, entouré d’humains à têtes rondes et d’antilopes, me réduit tout d’abord au silence pour finalement appeler impérieusement l’expression de la puissance.

Il en résulte une ivresse qui provoque des glissements sonores en échos, évoquant les perspectives troublantes suscitées par les superpositions vertigineuses, parfois foisonnantes, d’éléments inscrits au court des siècles voire des millénaires sur les parois de différentes cryptes rocheuses de par le monde.

Dans cette profusion de lignes, de figures, de taches lumineuses qui s’entrelacent, se conjuguent, un second instrument s’invite, la voix, pour élargir les différents plans sonores, pour augmenter l’instrument. Elle indique le chemin de la réflexion, de l’apaisement, de l’élaboration en épousant les pizzicati de l’alto, les effleurements de l’archet sur la touche qui métamorphose l’instrument en flûte grave.
Cette coda agit comme une berceuse. Ponctuant irrégulièrement le déroulement du temps, elle s’appuie sur la persistance de la mémoire de rites et de chants immémoriaux.

 

Krystof MARATKA, Paléorythmes – Louange aux langues tambourinées
pour ensemble d’instruments sonores (2024)
Hommage aux Mur des langues du Musée de l’Homme, Paris
Commande de Karine Lethiec – Ensemble Calliopée

Paléorythmes est une œuvre à multiples visages en ce qui concerne son instrumentarium et sa mise-en-œuvre souple et adaptable. L’œuvre peut être jouée en utilisant différents groupes d’objets sonores de choix libre de la même famille de matériaux: objets en bois, en métal, en pierre, etc… La pièce est constituée par trois parties de rythmes distinctes jouées simultanément, qui peuvent être partiellement improvisés et dont la difficulté est variée. Ainsi cette organisation propose diverses possibilités d’exécution partagée, par exemple entre les professionnels et non-professionnels ou professeurs et élèves, ou tout simplement de musiciens de niveaux très variés et complémentaires.

Dans ce sens, l’esprit des Paléorythmes porte un message fédérateur et s’appuie sur l’aspect fondamental de la communication entre les humains depuis toujours : le langage. Concrètement un langage existant dans toutes les cultures et époques variées, archaïques ou plus récentes, appelé: langues tambourinées. Il s’agit de communiquer grâce aux sons rythmés, jouées sur des tambours ou des pièces en bois ou encore d’autres objets sonores. Les rythmes joués sont codifiés et leurs sens est connu des populations qui les pratiquent afin de porter des informations précises à longue distance.

Les langues tambourinées s’inscrivent dans la lignée des phénomènes musicaux, jouant un rôle de langue, comme par exemple les sons des trompes pastorales ou le sifflement silbo de Gomera.

Ainsi dans l’œuvre Paléorythmes  le son devient la parole et la parole se transforme en musique.

L’œuvre est écrite en hommage aux Mur des langues du Musée de l’Homme de Paris.

 

Michel PETROSSIAN, Venus de Lespugue pour alto (2024)
Commande de Karine Lethiec – Ensemble Calliopée

«Vénus de Lespugue» s’inspire d’une statuette éponyme de 15 centimètres en os de mammouth, trouvée en 1922 dans une grotte en Haute-Garonne et âgée de 29.000 ans. C’est l’un des objets les plus fascinants de la Préhistoire, emblème du Musée de l’Homme où elle est exposée.  A l’évidence de sa beauté se superpose l’ambiguïté de sa figure multiple, la pluralité des angles de vue offrant plusieurs interprétations : une seule femme ou deux, l’une accouchant de l’autre, ou encore figurine féminine et attribut phallique, pour évoquer la complétude de la fertilité. Quelle qu’en soit la lecture, il semblerait qu’une fonction rituelle lui soit associée, qui célèbre la vie dans son recommencement et dans sa continuité.

J’ai voulu être aussi près de l’objet de mon inspiration que possible – afin de m’envoler aussi loin qu’elle nous porte.  J’ai oscillé entre la quête métaphysique et l’émerveillement esthétique, la transposition en musique des proportions de la sculpture et le naturalisme très direct.

Ainsi, l’œuvre commence par un mouvement qui rappelle l’histoire de sa découverte.

Un jeu des sons harmoniques détimbrés est un écho possible à des flûtes primitives que l’on faisait résonner à son époque – ils nous sortent de cet artifice limitatif qu’est le tempérament égal.

Un chant archaïque qui est en même temps une danse structure la deuxième partie de l’œuvre et demande à l’altiste une agilité particulière, par l’effet accumulatif de la multiplication des voix- hommage à la pluralité des lectures, avant que les éléments déjà entendus ne reviennent, sous forme plus concentrée et elliptique.

Ma «Vénus de Lespugue» est avant tout un hommage à l’extraordinaire longévité de l’objet et la permanence de sa beauté à travers les siècles. Permutant les fonctions du temps et de l’espace, j’ai voulu verticaliser cette durée vertigineuse et répondre en écho au silence des millénaires, car si Vénus de Lespugue a été contemporaine de tous les événements de l’histoire que nous connaissons, elle a vécu au double les périodes dont nous ignorons tout.

La pièce est dédiée à Karine Lethiec, qui ne l’a pas seulement commandée et offerte en création, mais qui a tout fait pour entretenir mon intérêt et mon inspiration, par une disponibilité sans faille et un enthousiasme compétent qui m’ont permis de porter l’oeuvre à un grand degré de précision dans l’écriture. Achevée le jour de son anniversaire et en lien avec cet élan de vie célébré par l’artisan de Vénus de Lespugue, l’œuvre est aussi dédiée à mon fils Darius.

 

Daniel TERUGGI, Traces imaginaires pour alto, percussions et dispositif électroacoustique (2024)
Commande de Karine Lethiec – Ensemble Calliopée

Dans la perspective des peintures murales préhistoriques, ce qui me fascine c’est d’imaginer les sons produits par les mains ayant conçu ces gravures et ces peintures. Nous gardons les traces peintes sur les parois mais où sont les vestiges des sons ? Travaillaient ils/elles en silence ? En chantant ? En se rythmant ? Tant d’inconnues que l’imaginaire seul peut essayer de reconstruire.

Les gestes peints, suggèrent-ils des sons ? Une autre grande inconnue… A regarder certaines peintures on peut imaginer que les formes représentent les sons ; et aussi que la scène porte en elle un imaginaire sonore à travers ce qu’elle décrit.

La musique donc cherche ce souvenir perdu, ces traces d’un monde sonore disparu. Il ne s’agit pas d’essayer de reproduire, mais simplement de construire un monde sonore qui élargit l’espace dans lequel ces œuvres ont été peintes et suggère le contact entre l’homme et la pierre.

L’alto, tel un pinceau, et la percussion, tel un burin, sont accompagnés par de sons inventés, inconnus, qui peuvent nous rappeler subtilement l’action de la main sur la matière ou de la pensée sur la scène peinte. Cela ne reconstruira jamais la scène sonore initiale, mais ces sons nous permettront de voyager librement dans l’imaginaire de la musique.

 

Xu YI, Rotations pour alto et percussions (2018)
L’inspiration de cette pièce provient de La rotation à deux personnes (Er-ren-zhuan), un genre de danse folklorique locale et de chant du nord-est de la Chine. Il se compose généralement de deux personnes, un garçon et une fille. Ils chantent aussi bien que dansent. Il est très populaire en raison de son dialogue humoristique et des croquis, qui ont éclipsé les vieilles danses et chansons.