Quand le jazz débarque

samedi 16 septembre à 20h
Dans le cadre du Festival Itinéraires, Chateau de Braux-Sainte-Cohière (51)

Karine Lethiec, directrice artistique et présentation, Anne-Cécile Cuniot, flûte, Michaela Hrabankova, hautbois, Juncal Salada Codina, clarinette, Lucien Julien-Laferrière, cor, Théo Sarazin, basson


À l’occasion du centenaire de l’entrée en guerre des troupes américaines dans le premier conflit mondial, l’Ensemble Calliopée propose un programme musical en quintette à vent évoquant les brass bands américains. Il met en valeur l’engagement des compositeurs américains de cette époque ainsi que les origines afro-américaines du jazz et son rayonnement en Europe au tournant de la Première Guerre Mondiale. 

À cette période, la musique est placée aux États-Unis sous le signe du ragtime et du jazz, illustrée par des figures emblématiques telles que Scott Joplin ou Jim Europe, qui débarque en France en 1917 avec son régiment de soldats musiciens. Ces nouvelles sonorités sont très ancrées dans la culture afro-américaine, et s’inscrivent en  droite ligne des gospels et autres work-songs que chantaient les esclaves africains.

Mais le jazz va dépasser les frontières de la ségrégation raciale, si bien que des compositeurs classiques vont très vite l’adopter. On pense bien sur à l’immense George Gershwin et son opéra Porgy and Bess, écrit uniquement pour chanteurs noirs, Frederick Delius et son opéra Koanga qui évoque la vie d’esclaves dans une plantation du Mississippi ou encore Irving Berlin, ce juif russe immigré qui composera autant des standards de jazz, interprétés par Louis Armstrong ou Ella Fitzgerald, que l’hymne God Bless America.

Cette « nouvelle musique » aux rythmes syncopés va alors traverser l’Atlantique et tisser des liens entre le Vieux Continent et le Nouveau Monde qui s’écoutent et s’inspirent mutuellement à travers les expositions universelles mais aussi le débarquement de soldats musiciens afro-américains en Europe pendant la Première Guerre Mondiale. Ainsi Claude Debussy intègre dans ses Children’s Corner des rythmes de cake-walk, une danse qui inspirera le ragtime, et fait référence à la culture africaine à travers la poupée noire Golliwogg. Samuel Barber, quelques décennies plus tard, inscrira sa Summer Music dans cet héritage entré dans la culture musicale classique.

oeuvres de S. Joplin, F. Delius, J.R. Europe, I. Berlin, A. Beach, M. Ravel, W. Damrosch, G. Gershwin, C. Debussy, S. Barber.

Plus d’infos