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Nov
Quand le jazz débarque
mardi 14 Nov 2017
12:30
Quand le jazz débarque

avec

Ensemble Calliopée : Karine Lethiec, direction artistique et présentations / Anne-Cécile Cuniot, flûte

et Michaela Hrabankova, hautbois / Juncal Salada Codina, clarinette / Lucien Julien-Laferrière, cor / Théo Sarazin, basson


À l’occasion de l’exposition Dada Africa au Musée de l’Orangerie, l’Ensemble Calliopée propose un programme musical en quintette à vent évoquant les brass bands américains. Il met en valeur les origines afro-américaines du jazz ainsi que son rayonnement en Europe au tournant de la Première Guerre Mondiale. 

À cette période, la musique est placée aux États-Unis sous le signe du ragtime et du jazz, illustrée par des figures emblématiques telles que Scott Joplin ou Jim Europe. Ces nouvelles sonorités sont très ancrées dans la culture afro-américaine, et s’inscrivent en  droite ligne des gospels et autres work-songs que chantaient les esclaves africains.

Mais le jazz va dépasser les frontières de la ségrégation raciale, si bien que des compositeurs blancs vont très vite l’adopter. On pense bien sur à l’immense George Gershwin et son opéra Porgy and Bess, écrit uniquement pour chanteurs noirs, Frédérick Delius et son opéra Koanga qui évoque la vie d’esclaves dans une plantation du Mississippi ou encore Irving Berlin, ce juif russe immigré qui composera autant des standards de jazz, interprétés par Louis Armstrong ou Ella Fitzgerald, que l’hymne God Bless America.

Cette « nouvelle musique » aux rythmes syncopés va alors traverser l’Atlantique et tisser des liens entre le Vieux Continent et le Nouveau Monde qui s’écoutent et s’inspirent mutuellement à travers les expositions universelles mais aussi le débarquement de soldats musiciens afro-américains  en Europe pendant la Première Guerre Mondiale. Ainsi Claude Debussy intègre dans ses Children’s Corner des rythmes de cake-walk, une danse qui inspirera le ragtime, et fait référence à la culture africaine à travers la poupée noire Golliwogg. Samuel Barber, quelques décennies plus tard, inscrira sa Summer Music dans cet héritage entré dans la culture musicale classique. Darius Milhaud, s’inspire lui de l’héritage sud-américain à travers la chanson brésilienne Le Boeuf sur le toit pour écrire sa Cinéma-fantasie pour un film de Charlie Chaplin.

Scott Joplin (1868-1917) The Entertainer (arr. Sjoerd van der Veen)
Frederick Delius (1862-1934) La Calinda, extrait de l’opéra Koanga (arr. Lisa Portus)
James Reese Europe (1880-1919) The Castle Doggy Fox Trot
Irving Berlin (1888-1989) God Bless America
Amy Beach (1867-1944) Pastorale
Walter Damrosch (1862-1950) Peace Hymn of the Republic
George Gershwin (1898-1937) Un Américain à Paris (arr. Ernst-Thilo Kalke)
Claude Debussy (1862-1918) Children’s corner  (arr. David Walter) extraits : The Little Shepherd, Golliwogg’s Cake Walk
Darius Milhaud (1892-1974) Le Boeuf sur le toît
Samuel Barber (1910-1981) Summer Music Op.31

 

Concert enregistré par France Musique. Diffusion le 30 décembre 2017 à 20h.


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