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Nov
LES ETATS-UNIS, « TERRE D’ACCUEIL » #3
jeudi 29 Nov 2018
20:00
75014
Paris,
France
LES ETATS-UNIS, « TERRE D’ACCUEIL » #3

Gruenberg, Demenga, Rachmaninov, Dohnányi

Dans le cadre de la résidence de l’Ensemble Calliopée à la Fondation des États-Unis

avec l’Ensemble Calliopée :
Karine Lethiec, alto, direction artistique et présentations
Christophe Giovaninetti, violon
Florent Audibert, violoncelle
Camille Lebréquier, cor
Frédéric Lagarde, piano
et Elias Rodriguez, clarinette (résident à la Fondation des États-Unis et boursier Harriet Hale Woolley 2018-2019)

Oui, les États-Unis ont été une terre d’accueil d’artistes venus du monde entier.
Un programme pour ne pas oublier : Louis Gruenberg, un biélorusse à Beverly Hills, Ernst von Dohnányi, un hongrois en Floride et Sergueï Rachmaninov, un russe naturalisé américain. Leurs œuvres et la variété de leurs esthétiques reflètent cette rencontre de l’altérité et s’élèvent comme des symboles de fraternité et de liberté.

Au cœur de la très belle salle de concert Art déco de la Fondation des États-Unis, servie par une magnifique acoustique et un somptueux grand piano Steinway de concert, ce programme musical explore les influences réciproques et échanges culturels qui sont nés de la migration de nombreux compositeurs et interprètes entre le « Vieux Continent » et le « Nouveau Monde ».

Aux côtés de chefs-d’œuvre de Rachmaninov, ce concert est l’occasion de découvrir la musique de Louis Gruenberg, inspirée par sa fascination pour le jazz et le ragtime, le sextuor de Dohnányi, étonnante formation de musique de chambre qui associe le cor et la clarinette aux cordes et au piano, et la virtuosité pleine d’humour de la pièce du compositeur contemporain Thomas Demenga, inspirée par les klaxons de New York. 

Entrée libre sur réservation

>>> RÉSERVER <<<


PROGRAMME MUSICAL

Louis GRUENBERG (1884-1964) – De la Biélorussie à Beverly Hills
Jazzettes pour violon et piano (1926)

Thomas DEMENGA (né en 1954) – Un Suisse à New York
New York Honk pour violoncelle et piano (1987)

Sergueï RACHMANINOV (1873-1943) – De Saint-Pétersbourg aux États-Unis
Prélude en sol dièse mineur op.32 n°12 pour piano (1910)
Vocalise pour alto (1912)
Étude-tableau op.39 n°5 pour piano (1916-17)

Ernst von DOHNÁNYI (1877-1960) – Un Hongrois en Floride
Sextuor pour violon, alto, violoncelle, clarinette, cor et piano op. 37 (1935)


Informations pratiques :

Entrée libre sur réservation

Fondation des États-Unis
Cité internationale universitaire de Paris
15 boulevard Jourdan
75014 Paris
01 53 80 68 80

Accès :
RER B : Cité Universitaire
Tram T3: Cité Universitaire
Bus 21 or 67: Porte de Gentilly


En savoir plus sur le programme 

Louis GRUENBERG (1884-1964) – De la Biélorussie à Beverly Hills
Jazzettes pour violon et piano (1926)

Né en Russie (à Brest-Litovsk, en actuelle en Biélorussie), Louis Gruenberg est un pianiste et compositeur qui sera américain et qui terminera sa vie à Beverly Hills. Il arrive aux États-Unis avec sa famille alors qu’il est âgé de quelques mois. Dès l’âge de huit ans, il prend à New York des leçons de piano avec Adele Margulies, professeur au National Conservatory of Music of America alors dirigé par Antonín Dvořák. À vingt ans, il part étudier en Europe avec Ferruccio Busoni au Conservatoire de Vienne. Avant la Première Guerre mondiale, Louis Gruenberg enseigne et joue en tournée, à la fois comme accompagnateur et comme soliste. En 1919, il obtient un important prix, le Flagler Prize, avec son œuvre The Hill of Dreams pour orchestre, ce qui lui permet de se consacrer entièrement à la composition. Nombre de ses œuvres reflètent sa fascination pour le jazz et les ragtimes auxquels il s’intéresse sur les conseils d’Antonín Dvorák qui l’invite à se tourner vers les sources musicales de son pays. En 1923, il dirige la première aux États-Unis du Pierrot Lunaire d’Arnold Schönberg et participe à l’organisation de la American Music Guild et de la Ligue des Compositeurs. Dans les années 1930, il dirige le département de composition du Chicago Musical College, puis il déménage avec sa famille à Beverly Hills, en Californie, où il travaille à la fusion de la musique avec les médias du spectacle et le cinéma. En 1944, le grand violoniste Jascha Heifetz lui commande le Concerto pour violon op. 47 qu’il crée avec Eugene Ormandy et l’Orchestre de Philadelphie et qu’il enregistre avec Pierre Monteux et l’Orchestre symphonique de San Francisco en 1945.
Aux côtés d’opéras, il écrit plusieurs pièces inspirées du jazz, comme son œuvre Jazzettes pour violon et piano, ses pièces de piano (Jazzberries, Jazz Masks, 6 Jazz Epigrams, 3 Jazz Dances), sa Jazz Suite pour orchestre, son œuvre vocale The Daniel Jazz mais aussi quatre volumes de negro-spirituals.

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Thomas DEMENGA (né en 1954) – Un Suisse à New York
New York Honk pour violoncelle et piano (1987)

Thomas Demenga est un musicien et compositeur suisse, natif de Berne, qui a étudié avec Walter Grimmer, Antonio Janigro, Leonard Rose et Mstislav Rostropovich. Il a particulièrement travaillé la musique de chambre à la Juilliard School de New York, avec Claus Adam, Felix Galimir and Robert Mann. Sa pièce New York Honk reflète sa découverte de la mégapole à travers le bruit des klaxons de la ville. Il est aujourd’hui reconnu internationalement comme l’un des plus remarquables violoncellistes, compositeur et professeur. En 2000, il est invité comme compositeur en résidence au Festival de Davos « Young Artists in Concert », dont il devient directeur artistique. À l’été 2003, Thomas Demenga participe au Festival de Lucerne comme « artiste étoile », succédant à Sabine Meyer (2000), Anne-Sophie Mutter (2001), Alfred Brendel (2002), Thomas Quastho (2004) et Emanuel Pahud (2006).

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Sergueï RACHMANINOV (1873-1943) – De Saint-Pétersbourg aux États-Unis
Prélude en sol dièse mineur op.32 n°12 pour piano (1910)
Vocalise pour alto (1912)
Étude-tableau op.39 n°5 pour piano (1916-17)

Sergueï Rachmaninov est sans doute l’un des compositeurs russes les plus connus. Son style, très ancré dans la tradition romantique du XIXe siècle, est très influencé au début de sa carrière par Piotr Illitch Tchaïkovski. Pianiste de génie, il crée lui-même son fameux Concerto n°3 à New York et le rejoue sous la baguette de Gustav Mahler. Membre d’une famille russe bourgeoise, il ne soutient pas le mouvement bolchévique : la propriété familiale et bientôt sa propriété d’Ivanovka sont saisies par les autorités après la Révolution de 1917. Il s’installe avec sa famille à New York en novembre 1918 puis à Beverly Hills pendant la Seconde Guerre mondiale. Au moment où il quitte pour toujours la Russie à l’âge de 44 ans, il a déjà composé l’essentiel de ses œuvres et a connu ses plus grands succès. Ses œuvres sont mis au ban par le régime soviétique qui ne les joue plus à partir de 1931 alors qu’elles sont unanimement plébiscitées par le public dans le monde entier. Cette interdiction sera levée en 1934, grâce aux relations diplomatiques entre les États-Unis et l’URSS.

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Ernst von DOHNÁNYI (1877-1960) – Un Hongrois en Floride
Sextuor pour violon, alto, violoncelle, clarinette, cor et piano op. 37 (1935)

Né à Bratislava, alors sous domination de l’Empire austro-hongrois, Ernő (en hongrois) Dohnányi étudie à Budapest et devient rapidement un musicien unanimement respecté, grand pianiste concertiste international, chef d’orchestre de la Société Philharmonique, compositeur et professeur à l’Académie de Budapest. Il est l’ami des compositeurs Béla Bartók et Johannes Brahms. Il perd ses deux fils pendant la Seconde Guerre mondiale, ce qui marque profondément le caractère – et la musique – du compositeur pendant de nombreuses années. Face au conservatisme de l’administration hongroise et opposé aux nazis autant qu’aux communistes, il s’expatrie aux États-Unis. Il enseigne à l’Université de Floride pendant près de dix ans, et s’intéresse à la musique folklorique américaine et au jazz.
Il écrit son Sextuor pour piano, violon, alto, violoncelle, clarinette et cor op. 37 en 1935 à Budapest. La formation instrumentale étonnante de cette œuvre permet des alliages audacieux qui rappellent, dans les premiers mouvements, l’orchestre d’un Johannes Brahms ou d’un Richard Strauss, tandis que le 4e mouvement est traversé par une mélopée syncopée au piano et à la clarinette qui imprime à l’ensemble des couleurs jazz.

 

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